1 - "L'accident de Milo fait ressortir les blessures des membres de sa famille, chacun règle ses comptes. Selon vous, est-ce cela la famille ?

Valérie Tong Cuong : Chaque famille est spécifique, mais dans chaque famille, on trouve des conflits larvés, des secrets, des rivalités, ou simplement une difficulté, pour les uns et les autres, à trouver sa place. Les blessures non soignées, non exprimées, se développent comme une maladie silencieuse, créent une situation potentiellement explosive. Un choc important, et c'est l'étincelle qui crée la déflagration. Sans aller jusqu'à l'accident d'un enfant, nous avons tous vécu des situations de tensions dans lesquelles les langues se déliaient.

2 - Auprès de quel personnage, vous sentez-vous la plus proche : Céleste, Lino, Jeanne ou Marguerite ?

Valérie Tong Cuong : Je me sens particulièrement proche de Marguerite, qui est le personnage qui subit le plus la situation, les choix des autres. Cependant, chacun d'entre eux vit des émotions, des combats qui me touchent.

3 - Pardonnable ou impardonnable. Peut-on vraiment pardonner quand on s'est déchiré avec autant de méchanceté, je pense notamment à Jeanne et Marguerite ?

Valérie Cong Tuong : Le pardon est un processus intime. Seule la victime peut décider de pardonner, nous ne pouvons juger à sa place. Mais ce qui est certain, c'est que le pardon, lorsqu'on y parvient, est un des plus extraodinaires cadeaux que l'on puisse s'offrir - et non un cadeau que l'on fait à celui qui nous a blessé. Pardonner, ce n'est ni dégager le coupable de sa responsabilité, ni effacer le passé, ni l'oublier. C'est se libérer. Et vivre, plutôt que survivre.

4 - Avez-vous des habitudes dans l'écriture ? Un rituel quotidien avant de travailler sur un livre ?

Valérie Tong Cuong : Non. J'écris quand j'en ressens le besoin, et aussi lorsque je peux m'isoler.

5 - Des auteurs vous servent-ils de référence ?

Valérie Tong Cuong : Référence, je n'emploierai pas ce mot, mais il est certain qu'ils me nourrissent, depuis toujours."

Entretien réalisé par Fabienne Rêve. Merci beaucoup à Valérie Tong Cuong pour ses réponses, sa disponibilité.

VALERIE