EMMANUELLE

Fabie : Comment est née l'écriture de cet "Hommage de l'Auteur absent de Paris" ?

Emmanuelle Allibert : Il y a quelques années j'écrivais une chronique sur la vie de l'Auteur dans le bimestriel littéraire "Le Magazine des Livres". Puis j'ai adpaté ces chroniques à la télévision l'année dernière dans l'émission de Michel Field "Au Field de la nuit". Angie David, éditrice chez Léo Scheer a vu ces chroniques et trouvées amusantes et a pensé que nous pourrions en faire un livre. J'ai donc repris mes chroniques et en ai écrit 20 autres, auxquelles j'ai ajouté le chapitre "Les meilleures de l'Auteur" qui sont une compilation des courriers hilarants d'Auteur que j'ai collecté pendant 10 ans et que j'ai recopié mot pour mot fautes d'orthographe comprises !

Fabie : Vous êtes-vous inspirés des auteurs dont vous vous occupez en tant qu'attachée de presse ?

Emmanuelle Allibert : Je me suis inspirée de tous les auteurs que je côtoie depuis 10 ans et pas seulement ceux dont je me suis occupée. Mais je crois réellement que tous les auteurs qui publient, connaissent au moins une fois tous les épisodes que je décris.

Fabie : Il y a beaucoup d'humour dans votre livre, est-ce plaisant de travailler dans l'édition ?

Emmanuelle Allibert : Je vous remercie pour ce compliment qui est le plus beau qu'on puisse me faire. Oui j'aime beaucoup ce milieu qui reste (et qui doit rester éminemment festif). J'aime aussi les codes surannés qu'il implique et ce doux mélange entre l'impression que nous avons que l'édition est le centre du monde et la réalité (en moyenne les français lisent un livre par an)

Fabie : Maintenant, vous êtes Auteur, votre éditeur s'occupe-t-il bien de vous ? Comprenez-vous le désarroi de certains auteurs qui restent dans l'ombre ?

Emmanuelle Allibert : Non bien entendu, étant Auteur je ne peux pas considérer que mon Editeur s'occupe bien de moi. Je nourris en mon sein des tas de ressentiments à son encontre...J'ai du mal à comprendre le désarroi des auteurs qui restent dans l'ombre mais je pense que c'est parce que je connais l'envers du décor. Je sais pertinemment comment les choses se décident, comment le sort du livre est jeté, très vite, parfois même avant sa sortie, sans que l'éditeur y puisse grand-chose. C'est le lecteur seul qui décide d'acheter ou non un livre.

En fait je voudrais profiter de cette tribune pour dire aux auteurs que la plus grande satisfaction est de se faire publier, de voir son nom sur la couverture d'un livre. Après, tout le reste est du hasard, de l'alchimie, de la mayonnaise qui prend ou non. Le livre vit sa vie propre et personne ne sait pourquoi sinon les maisons d'éditions ne feraient que des best-sellers. Il n'y a pas une seule maison d'édition qui ne souhaite que tous les titres qu'elle publie marchent du feu de Dieu.

Fabie : Selon vous, y-a-t-il quelque chose à changer dans le milieu de l'édition, pour mettre en avant les nouveaux auteurs ?

Emmanuelle Allibert : C'est tout le problème de l'offre qui est explonentiellement supérieure à la demande. Pour pouvoir mettre en avant les nouveaux auteurs, et j'irai même plus loin pour mettre en avant les auteurs en général car il n'y a pas que les nouveaux qui souffrent d'indifférence, il faudrait publier moins. C'est beaucoup plus compliqué que ça n'y parait. Tous les éditeurs s'accordent à le dire mais irrémédiablement, les chiffres de publication restent sensiblement les mêmes.

Entretien réalisé les 26 et 27 Mars 2015 par courriel. Merci à Emmanuelle Allibert pour ses réponses. Merci également à Camille des Editions Léo Scheer pour la coordination de cet entretien. 

Photo : Emmanuelle Allibert est photographiée par Thierry Rateau. Avec l'autorisation des Editions Léo Scheer pour la publication sur mon blog.