Extrait 4ème de couverture : "A vingt-huit ans, Eric-Emmanuel Schmitt entreprend une randonnée dans le grand sud algérien. Au cours de l'expédition, il perd de vue ses compagnons et s'égare dans l'immensité du Hoggar. Sans eau ni vivres durant la nuit glaciale du désert, il n'éprouve nulle peur mais sent au contraire se soulever en lui une force brûlante. Poussière d'étoiles dans l'infini, le philosophe rationnaliste voit s'ébranler toutes ses certitudes. Un sentiment de paix, de bonheur, d'éternité l'envahit. Ce feu, pourquoi ne pas le nommer Dieu ?

Nombre de pages lues : 183 pages

Mon avis : C'est la première fois que je lis Eric-Emmanuel Schmitt, l'homme intéressant que j'appréciais dans les émissions littéraires/culturelles, je voulais le découvrir en tant qu'auteur. Avec "La nuit de feu", l'écriture d'Eric-Emmanuel Schmitt m'a touché, elle est belle par les mots, les descriptions et l'histoire dessinée par ses souvenirs.

A 28 ans, il vit une expérience unique : être seul au coeur du désert en pleine nuit. Alors que cette situation en effraierait plus d'un, pour lui cette solitude forcée de quelques heures lui permet de réffléchir, de s'interroger sur sa vie, sur sa pensée spirituelle. Cette méditation, cette solitude permet de se retrouver avec soi-même, de prendre le chemin le plus exact de sa vie.

J'ai noté deux passages, dont celui-ci : "Qui suis-je ? Une chandelle qui veille au sein des ténèbres et que le vent éteindra. Dérisoire ! Pour l'instant, je peux crier "J'existe" mais mon affirmation s'enrobe de terreur car, hurlerais-je, mobilisais-je en moi une fougue démentielle, je n'existerais pas toujours. Je ne suis qu'une seconde entre deux éternités, l'éternité d'avant moi, l'éternité d'après moi. Je ne suis qu'un bout de vie entre deux néants, le néant qui m'a précédé, le néant qui me succédera. Et si l'éternité me laisse tranquille, les deux néants, eux, me grignotent. Dire "Je suis", c'est dire "Je ne serai plus". Vivant n'a qu'un vrai synonyme : mortel. Ma grandeur devient mon indigence, ma force mon imperfection. Et la fierté se mèle à l'effroi." (p. 110-111)

SCHMITT

N'est-il pas superbe ce passage dans le questionnement  que se pose chacun à une période de sa vie ?

"La nuit de feu" est un récit touchant qui nous interpelle car même si nous n'avons pas vécu cette expérience, nous nous interrogeons sur notre existence et nous faisons des choix. Je vous le conseille car il vous apportera -peut-être- des réponses.

"La nuit de feu" d'Eric-Emmanuel Schmitt - Editions Albin Michel, 2015.

Fabienne